11.07.2008
Quelques remarques sur le début de la présidence française de l'UE
Voilà une semaine déjà que la France a pris la présidence tournante de l’Union européenne. Six mois qui s’ouvrent pour répondre à la crise institutionnelle dans laquelle l’Europe est plongée depuis le non français et néerlandais de 2005 et le non irlandais de 2008.
Il est trop tôt bien sûr pour dresser un premier bilan de l’action de Nicolas Sarkozy, mais quelques remarques s’imposent d’emblée.
Au niveau national, les soubresauts de l’actualité masquent les enjeux cruciaux de la présidence française. La libération d’Ingrid Bétancourt, dont tout le monde se félicite, la réforme annoncée de l’audiovisuel public, qui mobilise les média, les résultats du baccalauréat, en légère baisse, les départs en vacances et leur cortège de bouchons, éclipsent le coup d’arrêt porté à la réforme de l’Union. Qu’en sera-t-il alors lorsque vont débuter les Jeux Olympiques de Pékin ?
Au niveau européen, les eurosceptiques et les partisans du statu quo institutionnel se sentent renforcés par les déboires du traité de Lisbonne. Ceux qui sont souvent les plus prompts à critiquer le technocratisme des institutions européennes se réjouissent des difficultés à les réformer et à les rendre plus efficaces. Les partisans d’une Europe plus fédérale, plus démocratique, plus efficace ont, quant à eux, du mal à faire entendre leur voix.
Ce départ pour le moins poussif de la présidence française nous interpelle à moins d’un an des prochaines élections européennes, dont le taux de participation est souvent inversement proportionnel au rôle croissant que prend le Parlement dans le quotidien des Européens. Il s’agit là d’une échéance majeure pour l’Union européenne mais aussi pour le Mouvement démocrate, qui, seul en France, peut incarner l’espoir d’un redémarrage de la construction européenne. Il nous appartiendra, les élections internes passées, de mettre toute notre énergie, tout notre enthousiasme et toute notre conviction au service de notre idéal européen.
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Commentaires
Pour l'instant, Sarkozy semble davantage se préoccuper de l'Union Pour la Méditerranée (un esprit taquin, certains diront "chagrin", a fait remarquer que ce sont les mêmes initiales que l'UMP) que de l'Union Européenne. Quoi de plus normal? N'est-il pas plus enthousiasmant de construire quelque chose de nouveau, où tout est à faire (les pays de la rive méridionale de la Méditerranée ne sont guère, voire pas du tout, démocratiques, et nombre d'entre eux sont en conflit ouvert), afin d'entrer dans l'Histoire, que de résoudre les problèmes complexes qui se posent à l'Europe?
L'Union européenne a fait le choix, à mes yeux regrettable, de réaliser l'élargissement AVANT l'approfondissement, alors qu'il était à mon sens plus logique de faire l'inverse. Les conséquences en sont, d'une part, la méfiance des peuples envers une Europe qu'ils ont l'impression de ne plus maîtriser, et d'autre part de tièdes compromis entre Etats trop divers qui ne peuvent susciter la moindre ferveur.
Le Mouvement démocrate doit à mon sens tenir compte de cette espèce de fracture civique qui s'installe entre les dirigeants de l'Europe et les citoyens. Chaque fois que les peuples ont été consultés directement (si l'on excepte l'Espagne, où le "oui" a cependant été fortement nuancé par une abstention massive), le "non" l'a emporté, dont deux fois dans des pays fondateurs (France et Pays-Bas). Que faire? Ne plus consulter les peuples, au risque de voir se creuser encore davantage ce fossé? Ou bien faire preuve de pédagogie, démontrer par nos arguments et notre passion que l'Union européenne est une solution nettement plus crédible que le frileux repli nationaliste. Appeler à l'amélioration de la démocratie au sein des institutions européennes, mais, plus fondamentalement, au sein des Etats: en votant "non" aux référendums, les citoyens européens disent-ils vraiment "non" à l'Europe, ou ne manifestent-ils pas plutôt leur désir de démocratie, dont ils peuvent se sentir frustrés dans leurs propres pays? N'oublions jamais que la démocratie n'est jamais acquise mais toujours à conquérir.
Ecrit par : Joan Barceló | 17.07.2008
Les français ( et les européens en général ) ont très souvent une conception "floue" de l'Europe... En effet, qui est capable, dans la rue, de me dire très clairement quels sont les rôles et fonctions du Parlement Européen? Du Conseil de l'Europe?
Je pense qu'il s'agît là de la principale cause de ce "m'enfoutisme" qui s'installe lors des élections européennes.
Il est donc important pour le Modem de redonner un intérêt à l'Europe, mission difficile... Sarkozy a essayé avec un traité simplifié, et a presque réussi. Mais presque n'est pas suffisant...
Pour ce qui est des actus nationales qui montrent la forme et cachent le fond des faits importants pour la nation, il est vrai qu'on pourrait se passer de la sortie du nouvel album de madame Bruni Sarkozy, des J.O. truqués et sur-dirigés par les Chinois (et les droits de l'homme dans tout ça...). La méthode sur-médiatique de notre Président actuel nous cache bien des choses...
Et le P.S. dans tout ça : décédé ou muet ?!
Ecrit par : Céline Coutant | 29.09.2008
Bonjour Thomas,
Et puisqu'on arrive à la fin de la Présidence française de l'UE, je rebondis sur ce dernier billet pour te taguer, dans la cgrande chaine de l'inculture ;-)
http://exigencedemocratique.blogspot.com/2008/12/linculture-chez-les-dmocrates-mon.html
Aller professeur, un petit effort... T'inquiète, toute la blogosphère du MoDem va bien finir par y passer !
Ecrit par : pierre s | 15.12.2008
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