01.07.2008
Polémique sur les langues régionales
La polémique lancée par le Sénat français sur la reconnaissance constitutionnelle des langues régionales me donne l'occasion de réactiver un blog que j'ai délaissé depuis trop longtemps.
Les langues régionales sont une richesse culturelle qui forge l'identité de notre pays et de notre continent. Qu'elles puissent être reconnues officiellement à l'heure où leur survie est de plus en plus menacée peut sembler paradoxal mais doit surtout nous inviter à poursuivre les efforts en faveur de leur maintien. L'enjeu n'est pas uniquement culturel mais il est aussi d'une importance économique capitale dans une région frontalière comme la nôtre.
Les langues régionales ne remettent pas en cause l'unité de la nation, chacun le reconnaît. Le français reste la langue commune à l'ensemble des citoyens et des habitants de notre pays. Que leur reconnaissance figure dans l'article 2 et non dans l'article premier de la Constitution ne choquera pas les défenseurs des langues régionales. Pourquoi alors les sénateurs veulent-ils faire obstacle à une décision prise par les députés et dont la dimension est avant tout symbolique. Et pourquoi nos parlementaires alsaciens, sénateurs en tête, ne sont-ils pas les fers de lance de cette bataille?
La défense de notre patrimoine linguistique figurait très clairement dans le projet de François Bayrou lors des présidentielles de 2007. Je reste convaincu que cette ligne est la bonne.
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Commentaires
Bonjour,
Linguiste de formation, d'origines catalane, occitane et corse (personne n'est parfait), et directeur d'une revue électronique de linguistique occitane dont je donne le lien avec "mon" URL, je partage pleinement ton analyse, et je suis également indigné que les sénateurs du groupe UDF-UC, faisant fi de la tradition centriste, aient massivement voté contre l'amendement reconnaissant (enfin!) les langues régionales.
Il semble cependant que le vote sera cette fois-ci différent, puisque l'amendement sera relégué dans le 75e article de la constitution, comme si le plus grand scandale n'était pas la faible protection que l'Etat français daigne consentir aux langues de ses minorités, langues toutes menacées, mais que l'on ait osé faire figurer les langues régionales dans l'article 1, donc avant l'article 2 faisant du français "la langue de la République" !
Le pire est que cette faible avancée, dont il faudrait connaître les applications concrètes, est compromise par les minces chances de succès de l'ensemble de la (médiocre) réforme constitutionnelle.
J'ai proposé sur le site de la liste "Clairement démocrates" qu'il y ait une équipe au sein du MoDem 67 chargée de réfléchir, d'écouter et d'agir en ce qui concerne la question du bilinguisme. Serais-tu intéressé?
Amicalement,
Ecrit par : Joan Barceló | 16.07.2008
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