27.03.2007
Votez Bayrou
Gouverner au centre. Imposture, mirage ou réelle adéquation à la volonté des Français ?
Las des alternances perpétuelles qui se succèdent depuis près de 25 ans, les Français semblent désireux de mettre un terme à cette forme de gouvernement en zigzag, qui tel le mouvement de la marée, se répète élection après élection. Une nouvelle donne s’impose, et c’est cela que François Bayrou propose.
Les enjeux majeurs de la prochaine élection présidentielle et des législatives qui suivront sont connus de tous. Il s’agit de s’attaquer au problème du déficit budgétaire (1200 milliards d’euros), de maintenir la qualité de notre système éducatif, de poursuivre la lutte contre le chômage, d’engager une réforme juste du régime des retraites, d’accentuer les efforts de recherche de notre pays, de mieux prendre en compte les impératifs écologiques de notre planète, de relancer la construction européenne pour maintenir le rayonnement de la France dans le monde. A quelques nuances près, les principaux candidats sont d’accord sur ces points.
Serions-nous le seul pays où les clivages partisans seraient jugés supérieurs aux intérêts du pays ? Les gouvernants ne seraient donc pas capables de mettre certains préjugés idéologiques archaïques de côté – la guerre froide est terminée depuis 15 ans – pour faire face aux défis de la France ?
La candidate du PS et le candidat de l’UMP, dont les scores ne semblent pas si éloignés de ceux que les sondages prêtent à Bayrou, prétendent qu’eux seuls seraient capables de bâtir une majorité stable pour gouverner le pays au lendemain de la présidentielle. Postulat péremptoire pour deux partis qui s’échangent le pouvoir, à défaut d’arriver à le conserver ! Le centre conduirait selon eux à l’immobilisme. Il y a cependant beaucoup plus de convergences sur le fond entre l’aile sociale-démocrate du PS, l’aile centriste de l’UMP et l’UDF, qu’entre les éléments agglomérés du parti de Sarkosy ou de celui de Royal. La majorité des électeurs en est convaincue, le gouvernement de coalition en Allemagne en offre une preuve éclatante, mais les appareils partisans préfèrent l’ignorer, du moins officiellement. Observons la situation alsacienne.
Les députés alsaciens sortants, dont beaucoup viennent de la famille centriste, occupent une position bien singulière dans cette campagne. Ils sont plus prompts à affirmer à demi-mot quelques réserves sur la position stratégique de Bayrou qu’à témoigner un soutien sans faille au chef du parti qu’ils ont rejoint en 2002. Et, en coulisse, certains laissent déjà entendre qu’ils seraient prêts à rejoindre le nouveau parti que Bayrou veut créer au lendemain des présidentielles (on n’est jamais trop prudent…). L’exemple alsacien n’est, n’en doutons pas, un cas isolé. Bayrou obtiendra des Français une majorité au Parlement s’il est élu.
Voter Bayrou, c’est être assuré que les cartes du jeu démocratique seront redistribuées de manière plus juste et équitable au lendemain du 6 mai. Ne laissons pas passer cette chance.
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Strasbourg, capitale européenne
UNE FOIS DE PLUS !
Nous y sommes. Une fois de plus ! L'incessante bataille pour savoir si le siège du Parlement européen doit être à Strasbourg ou à Bruxelles connaît une nouvelle péripétie. Les opposants à la capitale alsacienne viennent de récolter plus d'un million de signatures en faveur de l'abandon du site strasbourgeois.
Force est néanmoins de constater que la décision ultime reste toujours du ressort des Etats nationaux et que seule une décision prise à l'unanimité pourrait changer la donne. Et que cette question ne semble pas être une préoccupation principale de nos gouvernants. Et pourtant, il faut être vigilant et sans cesse rappeler l'importance que revêt la présence de l'institution la plus démocratique de l'UE au sein de notre région.
Si les problèmes du coût des transports et des problèmes écologiques générés par les déplacements sont réels, ils sont néanmoins à relativiser (les déplacements des eurodéputés représenteraient 0.002% du budget de l'UE, un pourcentage identique à l'importance du million de signatures rapporté au nombre d'habitants de l'UE).
Le poids du symbole de Strasbourg n'est cependant ni quantifiable ni monnayable. Symbole de l'Europe déchirée par le poids des nationalismes belliqueux, de la réconciliation franco-allemande, de la renaissance d'une Europe généreuse et pacifiée. Strasbourg est, au même titre que Bruxelles, Luxembourg et Francfort, une des capitales de l'UE. La dispersion des sièges des institutions européennes, loin d'être une faiblesse, nous renvoie à la dimension fédéraliste qui est au coeur de la construction européenne et qui constitue l'un des ciments de notre famille politique. Ceci n'est pas négociable.
Transférer le Parlement de Strasbourg à Bruxelles reviendrait à priver un des pays fondateurs de l'Union, en proie au doute depuis mai 2005, d'un des rares instruments de proximité entre le citoyen et ses représentants. Cela reviendrait aussi à ignorer l'importance du couple franco-allemand, moteur irremplaçable de l'Europe, dans ce terreau transfrontalier qu'est l'Alsace, au nom d'un prétendu gain d'efficacité.
C'est précisément parce que ce serait une erreur politique, démocratique et symbolique que les chefs d'Etat et de gouvernement ne remettront pas en cause le choix du siège du Parlement. Le Parlement est et restera à Strasbourg. Conclusion évidente. Une fois de plus !
Thomas JOERGER
19:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
PETIT PLAIDOYER POUR LE BILINGUISME
La promotion du bilinguisme reste un enjeu de chaque instant dans notre région. Les raisons en sont évidentes. L’alsacien, l’allemand et le français sont des langues complémentaires en Alsace pour des motifs à la fois historiques et culturels. Leur maîtrise semble d’autant plus souhaitable sinon indispensable qu’une partie de la vitalité économique de la région tient à sa position géographique privilégiée au cœur de la dorsale européenne, cette énorme concentration d’hommes, de richesses, de matière grise qui court du bassin de Londres au Nord de l’Italie, le long de l’axe rhénan. La France est de surcroît le premier partenaire commercial de l’Allemagne et réciproquement, et l’Alsace se trouve au centre de ces échanges.
Les 63000 travailleurs frontaliers alsaciens ont longtemps profité de cet avantage de situation et ont contribué à faire de notre région la championne française du plus faible taux de chômage. Les évolutions des conjonctures économiques en France et en Allemagne, la flexibilisation croissante du travail, la concurrence d’une main d’œuvre originaire d’Europe centrale et orientale ont quelque peu modifié la donne. A ces facteurs s’ajoutent les difficultés rencontrées par les Alsaciens plus jeunes qui postulent aux fonctions occupées par leurs parents, mais dont l’accès au marché de l’emploi allemand ou suisse est limité par une insuffisante maîtrise de langue allemande.
Les efforts déployés depuis des années par le monde associatif, par de nombreux élus locaux, par des parents d’élèves, des enseignants et des artistes engagés ont fait progressivement évoluer les pouvoirs publics en faveur de la promotion de l’enseignement bilingue tant et si bien que 13000 élèves suivent actuellement une scolarité dans le système paritaire franco-allemand, depuis la maternelle jusqu’au lycée. Le Conseil régional a ainsi financé l’acquisition des nouveaux manuels franco-allemands d’histoire édités par Klett et Nathan pour les élèves de terminale Abibac (en photo).
La convention passée entre les collectivités locales alsaciennes et le Rectorat pour la période 2000-2006 était ambitieux et prévoyait notamment un enseignement hebdomadaire de trois heures dès la maternelle puis à l’école primaire et l’ouverture d’une classe bilingue dans chaque collège. L’exemple des difficultés rencontrées par les enfants de 5 ans de l’école maternelle Camille-Claudel d’Obernai, privés de site bilingue à la rentrée dernière, souligne néanmoins combien les pesanteurs de l’administration peuvent encore faire obstacle à l’accès à ce type d’enseignement. Il est important que la nouvelle convention qui se négocie actuellement ne revienne pas sur les efforts entrepris jusque là.
Or l’enseignement bilingue, loin d’être élitiste – faudrait-il cependant avoir peur du mot ? – correspond bien davantage à une forme démocratique d’apprentissage, ouverte à tous dès le plus jeune âge. Un tel système vise non seulement à élargir l’horizon culturel et intellectuel des élèves dans un espace mondialisé complexe, mais aussi à leur offrir la possibilité de poursuivre leurs études dans l’espace germanophone voire d’y trouver des débouchés professionnels. Les sections européennes allemand des lycées professionnels ainsi que l’ABIBAC – qui aboutit à la double délivrance des baccalauréats français et allemand – s’inscrivent dans cette perspective.
L’ouverture culturelle acquise grâce aux enseignements dispensés dans la filière bilingue n’est en outre pas incompatible avec l’apprentissage d’autres langues moins familières, mais contribue bien au contraire à aiguiser la curiosité des élèves pour le monde qui les entoure. Mais, dans cette petite région au cœur de l’Europe, la langue qui reste la plus importante à connaître, outre le français, est celle qu’on a le plus de chance d’utiliser dans son cercle de relations familiales, amicales ou professionnelles, c’est-à-dire celle que d’aucuns appellent parfois pudiquement la langue du voisin.
Thomas JOERGER , Professeur d’histoire géographie en section Abibac au lycée Stanislas de Wissembourg, Conseiller municipal de Leutenheim et secrétaire régional des Jeunes UDF Alsace
19:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Mon petit blog de campagne
Après moults hésitations, je me lance dans la création de mon propre blog, dans le contexte de la campagne présidentielle de François Bayrou que je soutiens. Il se veut un espace de débats, d'échanges et de partage entre un jeune citoyen alsacien, fervent européen, et tous ceux qui lui feront l'amabilité de lui rendre visite.
19:30 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note




Pour une nouvelle majorité