27.03.2007

Strasbourg, capitale européenne

UNE FOIS DE PLUS !

medium_pourcen.jpgNous y sommes. Une fois de plus ! L'incessante bataille pour savoir si le siège du Parlement européen doit être à Strasbourg ou à Bruxelles connaît une nouvelle péripétie. Les opposants à la capitale alsacienne viennent de récolter plus d'un million de signatures en faveur de l'abandon du site strasbourgeois.

Force est néanmoins de constater que la décision ultime reste toujours du ressort des Etats nationaux et que seule une décision prise à l'unanimité pourrait changer la donne. Et que cette question ne semble pas être une préoccupation principale de nos gouvernants. Et pourtant, il faut être vigilant et sans cesse rappeler l'importance que revêt la présence de l'institution la plus démocratique de l'UE au sein de notre région.

Si les problèmes du coût des transports et des problèmes écologiques générés par les déplacements sont réels, ils sont néanmoins à relativiser (les déplacements des eurodéputés représenteraient 0.002% du budget de l'UE, un pourcentage identique à l'importance du million de signatures rapporté au nombre d'habitants de l'UE).

Le poids du symbole de Strasbourg n'est cependant ni quantifiable ni monnayable. Symbole de l'Europe déchirée par le poids des nationalismes belliqueux, de la réconciliation franco-allemande, de la renaissance d'une Europe généreuse et pacifiée. Strasbourg est, au même titre que Bruxelles, Luxembourg et Francfort, une des capitales de l'UE. La dispersion des sièges des institutions européennes, loin d'être une faiblesse, nous renvoie à la dimension fédéraliste qui est au coeur de la construction européenne et qui constitue l'un des ciments de notre famille politique. Ceci n'est pas négociable.

Transférer le Parlement de Strasbourg à Bruxelles reviendrait à priver un des pays fondateurs de l'Union, en proie au doute depuis mai 2005, d'un des rares instruments de proximité entre le citoyen et ses représentants. Cela reviendrait aussi à ignorer l'importance du couple franco-allemand, moteur irremplaçable de l'Europe, dans ce terreau transfrontalier qu'est l'Alsace, au nom d'un prétendu gain d'efficacité.

C'est précisément parce que ce serait une erreur politique, démocratique et symbolique que les chefs d'Etat et de gouvernement ne remettront pas en cause le choix du siège du Parlement. Le Parlement est et restera à Strasbourg. Conclusion évidente. Une fois de plus !

Thomas JOERGER

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